J'imagine que la plupart des boulimiques connaissent cela par coeur: le tout ou rien. Bouffer, bouffer, bouffer, parce qu'à partir du moment où l'on s'est lâché, "y a plus rien à perdre". Ou bien manger ultra léger, voire jeûner. Pas de juste milieu. C'est l'illustration du cercle vicieux: craquage = culpabilité = restrictions alimentaires = frustration = craquage, etc

Le risque, en allant au resto ce soir, était donc, qu'une fois rentrée chez moi, je fasse une crise: puisque j'avais "dû" manger un menu riche dans la soirée, "y a plus rien à perdre", autant se goinfrer cette nuit. 

Et bien, non. Pas même l'once d'un début de commencement d'une envie de "criser." C'est aussi réjouissant que surprenant.

Je ne suis pas sûre, mais je crois savoir pourquoi, ce soir, je n'éprouve pas le besoin de me remplir, de me "combler". Durant ce dîner, j'ai été vraie. Vraie. Je n'ai pas joué de rôle, je n'ai pas surjoué, je n'ai pas parlé pour faire plaisir ou par peur qu'un silence s'installe dans la conversation, je n'ai pas souri artificiellement. Je n'ai pas cherché à être, j'étais. Simplement. 

"Être", c'est être présent. Ne pas se noyer dans les ruminations stériles, ne pas se perdre dans les interprétations. hasardeuses. Être, c'est vivre dans l'instant présent. 

C'est la méditation, que je pratique depuis peu, qui, je crois, me fait doucement entamer le chemin de l'acceptation et de la présence.

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Profiterolles

Au dessert, j'ai pris des profiterolles. Evidemment, à chaque bouchée je pensais aux calories ingurgitées. En rentrant chez moi, je n'ai toutefois pas traduit cela par un "foutu pour foutu...". qui aurait "autorisé" une crise.

(Photo : Pixelmaniac / Flickr)