Journal d'une boulimique

03 octobre 2013

Des crises, soit, mais maîtrisées

Bon, pour donner le mot de la fin, la crise que je décrivais en direct dans mon dernier post s'est terminée avec sept parts de tarte aux pommes. Si l'on récapitule mentalement tout ce que j'ai ingurgité lors de cette crise, c'est énorme.

Malgré cela, d'un certain côté, je trouve que je m'en suis plutôt bien sortie: je suis "fière" d'être parvenue dans mon impulsivité à m'orienter vers des aliments qui, en eux-mêmes, ne sont pas mauvais, à l'inverse du Nutella, des chips, cacahuètes, etc, qui, même consommés en portions raisonnables, n'apportent aucun nutriments, seulement des calories vides.

Cet après-midi, après un déjeuner que j'avais pris grand soin de préparer équilibré, j'ai tout de même craqué. Mais, encore une fois, je suis parvenue à me raisonner - et c'est un exploit lorsque l'excitation pré-crise est à son comble, toutes les boulimiques le savent! - et à prendre le temps de choisir des aliments plutôt sains: un sandwich pain de tradition-camembert + 1 baguette de tradition+ 1/2 tablette de chocolat noir.

Et puis, deuxième point positif, je ne me suis pas morfondue comme j'en ai d'ordinaire l'habitude après une crise: je suis allée faire des longueurs à la piscine et une longue promenade à pied. Marre de tourner en rond! Marre de la culpabilité!

Bien sûr que je reste mécontente de moi, de continuer, encore .et toujours à "criser". Mais je dois voir et accueillir les changements positifs, aussi minimes soient-ils: 

1- Parvenir à dégager une "marge de manoeuvre" lors des crises par le choix des aliments ingérés,

2- Accepter les crises: j'ai crisé, ok, c'est ainsi. Passons à autre chose.

Nous verrons si ces changements tiennent dans la durée et s'ils apportent une réelle évolution. Demain est un nouveau jour...

 

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01 octobre 2013

ça a dérapé

Oui, ça a dérapé. Je viens de descendre chez l'Asiatique m'acheter... 830 grammes de riz cantonais. J'ai envie de faire pipi, mais je ne prends pas le temps de me soulager et attaque la barquette sans fond à coups de cuillière à soupe. C'est trop chaud. Tant pis, je me brûle..  Je mange en écrivant ces mots.

ça me bourre, mais je continue.

***

Je veux du sucré de nouveau. Mais je ne sais pas quoi. C'est le comble de la boulimique: elle n'a pas d' envie, juste un besoin. Bon, je vais retourner à la boulangerie.

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On dirait pas comme ça, avec la perspective de la photo, mais il y a 820 grammes de riz.

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ça dérape

Je viens de terminer mon déjeuner: une "omelette fromage" en poudre hyperprotéinée et hypocalorique à reconstituer dans un shaker (voir mon post "Diéte hyperprotéinée".) Ce n'est pas vraiment bon, il y a un arrière-goût chimique. Mais le pire, c'est que c'est mangé en même pas deux minutes. Je n'ai pas à proprement parler faim, mais je suis frustrée. 

**

Je viens d'interrompre ce mail pour descendre à la boulangerie m'acheter un déjeuner "comme tout le monde", de peur que ma frustration dégénère en crise. Je l'ai pris assez copieux pour bien me caler: un sandwich cheddar-jambon + une tarte aux pommes. Je mange en écrivant ces mots. 

Je mange trop vite. Je sens que ça va déraper en crise...

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L'épreuve du restaurant (2)

J'imagine que la plupart des boulimiques connaissent cela par coeur: le tout ou rien. Bouffer, bouffer, bouffer, parce qu'à partir du moment où l'on s'est lâché, "y a plus rien à perdre". Ou bien manger ultra léger, voire jeûner. Pas de juste milieu. C'est l'illustration du cercle vicieux: craquage = culpabilité = restrictions alimentaires = frustration = craquage, etc

Le risque, en allant au resto ce soir, était donc, qu'une fois rentrée chez moi, je fasse une crise: puisque j'avais "dû" manger un menu riche dans la soirée, "y a plus rien à perdre", autant se goinfrer cette nuit. 

Et bien, non. Pas même l'once d'un début de commencement d'une envie de "criser." C'est aussi réjouissant que surprenant.

Je ne suis pas sûre, mais je crois savoir pourquoi, ce soir, je n'éprouve pas le besoin de me remplir, de me "combler". Durant ce dîner, j'ai été vraie. Vraie. Je n'ai pas joué de rôle, je n'ai pas surjoué, je n'ai pas parlé pour faire plaisir ou par peur qu'un silence s'installe dans la conversation, je n'ai pas souri artificiellement. Je n'ai pas cherché à être, j'étais. Simplement. 

"Être", c'est être présent. Ne pas se noyer dans les ruminations stériles, ne pas se perdre dans les interprétations. hasardeuses. Être, c'est vivre dans l'instant présent. 

C'est la méditation, que je pratique depuis peu, qui, je crois, me fait doucement entamer le chemin de l'acceptation et de la présence.

***

Profiterolles

Au dessert, j'ai pris des profiterolles. Evidemment, à chaque bouchée je pensais aux calories ingurgitées. En rentrant chez moi, je n'ai toutefois pas traduit cela par un "foutu pour foutu...". qui aurait "autorisé" une crise.

(Photo : Pixelmaniac / Flickr)

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30 septembre 2013

L'épreuve du restaurant

Ce soir, 21h, resto donc "obligé".

Quelle est la boulimique qui, devant un menu, n'est pas prise à la fois de vertige devant l'abondance alimentaire à portée de main, et de panique car il va falloir contrôler la crise naissante ou au contraire vaincre une "humeur anorexique"?

Pour me "préparer", j'ai déjà regardé sur Internet le menu du restaurant où nous irons... J'aimerais, un jour, retrouver une spontanéité naturelle face à la nourriture. 

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(Photo : Renée S. Suen /Flickr)

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Diète hyperprotéinée

J'ai enfin reçu par la poste le colis que j'attendais tant depuis quelques jours. A l'intérieur, une diète hyperprotéinée de 15 jours. Il s'agit de "plats" hypocaloriques en poudre à reconstituer à l'eau à l'aide d'un shaker. Terminées les prises de tête pour essayer de se combiner des repas équilibrés-légers-mais qui calent!

Les sachets-repas ont en effet l'air appétissants: omelettes aux fines herbes, entremets pêche-poire, potage minestrone, etc. Et pourtant, avec un "petit-déjeuner", une boisson énergétique, un "en-cas", 'un "déjeuner" et un dîner": pas plus de 500 calories par jour, sans avoir l'impression de (trop) se priver!

Ce soir, réunion familiale "obligée" au resto. J'entame donc la diète demain. 

J'ai hâte!

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Gueule de bois

Les lendemains de crises de boulimie ont toujours le même goût vaseux. On se sent le ventre sale, les intestins qui travaillent, la langue pâteuse. 

Fataliste, je me pèse. Et, oh, surprise, je n'ai pas pris 3 kilos comme je l'ai imaginé toute la nuit, mais "seulement" 1 kilo et 600 grammes! Pour les gens "normaux", ce serait perturbant , mais moi, j'ai connu des réveils plus douloureux...

Tout n'est donc pas perdu! Je ne vais pas avoir à suer sang et eau pour perdre les calories de la crise d'hier! Un kilo et 600 grammes, c'est tout bête à éliminer, non? Presque pleine d'entrain, je me mets à pianoter sur Internet "purge intestinale". Depuis un an et demi que je suis boulimique je me suis toujours interdit de recourir aux laxatifs pour ne pas me détruire la flore intestinale. Mais là, exceptionnellment... pour un petit coup de pouce... Le chlorure de magnésium est plébiscité sur de nombreux forums. Ni une ni deux, je descends à la pharmacie en bas de chez moi et achète un sachet. Tant qu'on y est, je prends aussi du Microlax, une solution rectale... 

A peine arrivée chez moi, je prends un verre de Chlorure de magnésium et m'administre une dose de Microlax. Pas le temps de compter jusqu'à 30 je file aux toilettes.  Quelle satisfaction!

Décidémment, la journée commence bien.

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Posté par Mialibou à 11:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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Insomnie

Quand,, après une crise, la boulimique ne dort pas comme une masse pour oublier, son esprit tourne en rond. - comme le mien maintenant. C'est d'abord: Mais pourquoi? pourquoi? pourquoi? pourquoi? pourquoi? pourquoi? POURQUOI J'AI CRAQUE?!

Puis, le: Je me déteste, je me déteste, je me déteste, je me déteste, PESONNE NE PEUT AIMER QUELQU'UN COMME MOI!

Et enfin, parce que l'espoir fait vivre, vient l'échafaudage de plans pour "rattraper" la crise: Demain et les deux jours suivants, je ne mange rien, et bla bla bla... ... ... Demain, je vais marcher deux heures pour éliminer, et bla bla bla... ... ... 

Et si la réponse à toutes ces ruminations tenait en un mot: l'acceptation? L'acceptation inconditionnelle de soi, de la situation présente. C'est récemment en lisant des écrits sur la méditation que j'ai appris que celle-ci enseigne à accepter les choses telles qu'elles sont, tout simplement parce qu'ainsi sont-elles.

La logique est sagesse.

Allez, essayons. Moi, Mialibou, j'ai fait une crise de boulimie ce soir, c'est ainsi, je l'accepte.. J'ai cédé à une impulsion, c'est ainsi, je l'accepte.. J'ai sûrement pris du poids, c'est ainsi, je l'accepte.

Ben mince alors, on dirait que ça marche...

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(Photo: Petrichor/Flickr)

 

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29 septembre 2013

Again

 

Je n'ouvre pas le paquet, je l'éventre. J'enfourne les tartelettes au chocolat les unes après les autres. En moins de trois minutes, j'ai englouti les neuf sachets individuels. Encore la bouche pleine, j'ouvre deux Balistos, et puis un Snickers, quatre Twix, quatre Kitkat...

Ça y est, je me sens enfin pleine. Mes mains cessent de déchiqueter les emballages, mes machoires se mettent au repos. Mon ventre est tiré au maximum. Mais, en même temps que cette sensation de plénitude radicale que je recherche vient aussi, accablante, terrassante, la culpabilité.

Cette haine féroce de moi-même.

Pourquoi ai-je craqué ?! Cela faisait six jours que je tenais le coup. Ce soir, sentant monter une crise, j'avais même accepté d'aller au restaurant avec ma mère et son compagnon. Et là, les prémisses de la crise s'étaient manifestées: beignets de ricotta en entrée + plat de pâtes le plus bourratif + au moins six tranches de pain. Et surtout, surtout, durant tout le dîner, la visualisation mentale de l'épicerie en bas de chez moi ouverte même le dimanche où je me vois déjà dévaliser le rayon sucreries. Comme toujours dans ces moments compulsifs, je vais acheter beaucoup trop, pour être sûre de ne pas manquer.

La culpabilité s'accompagne bien sûr du dégoût de moi-même, le plus profond, proche de la répulsion. J'imagine tous les glucides et lipides que j'ai ingérés embouteillés dans mon estomac. J'imagine, j'ai même l'impression de sentir! les cellules graisseuses de mon ventre, de mes fesses, de mes cuisses et de mes hanches se gonfler. En une soirée de craquage, j'ai pris trois kilos, c'est sûr. Il me faudra plus d'une semaine pour les reperdre – pour peu que je ne recraque pas d'ici là.

Un peu plus tôt dans la soirée, le compagnon de ma mère (qui est psychologue, soit dit au passage) m'avait soutenu que si je le voulais vraiment, si je luttais, je pouvais contrôler mes pulsions alimentaires. Suis-je donc si faible que ça pour, depuis un an et demi, y succomber, encore et toujours ? Suis-je schizophrène ? Suis-je masochiste ? Suis-je un cas désespéré ?

Mon ventre commence à gémir. Je me laisse échouer sur mon lit. En boule, j'attends la douleur broyeuse de boyaux familière qui ne va plus tarder. Avant de tomber dans un sommeil comateux, je me jure que je ne verrai personne de ma connaissance avant d'avoir perdu les kilos repris.

***

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Posté par Mialibou à 23:33 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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